Léo Major : Le plus grand de tous les Héros !

Les super-héros sont plus que jamais d’actualité. On les voit partout et pour preuve : pas moins de 72 films Marvel sont prévus dans les deux ans à venir. Ces personnages aux supers-pouvoirs vendent du rêve et permettent aux gens de s’évader de leur quotidien, de leur routine et de leurs problèmes. Seulement voilà, ils sont fictifs et pour bon nombre d’entre eux, surnaturels. Alors si l’on cherche dans l’ombre de ces hypers productions américaines et surtout si l’on fouille un peu l’histoire de la seconde guerre mondiale (côté Canadien), on peut tomber sur un personnage, tout à fait réel, se prénommant Léo Major.

Son histoire, que je vais vous raconter, est incroyable et vous aurez certainement du mal à la croire. Sachez qu’elle est véridique, et qu’un musée existe au Canada en l’honneur de ce grand monsieur et de son épopée hors du commun. Préparez vos yeux parce qu’à côté, John Mc Clane (Bruce Willis dans Die Hard) est en enfant de chœur.

Léo Major est au milieu avec la petite fille dans les bras

Exit le début de sa vie, vous pourrez toujours vous renseigner par la suite, venons en plutôt aux faits. Et ils commencent comme ceci :

Chapitre I : Le redoutable pirate

..Très rapidement Léo, ayant intégré l’armée, se spécialise dans le tir de précision, la reconnaissance et les opérations commando. Il possède d’excellentes capacités visuelles, auditives, d’infiltration, d’endurance et pratique la boxe. Il s’est déjà plusieurs fois distingué (captures de chars, exécutions précises, actes de bravoure) par ses actions et son comportement exemplaire. Le 24 juin 1944 Léo Major et 4 autres soldats, lors d’une mission, se retrouvent face à une patrouille de la 1ere Panzerdivision SS composée de 5 soldats. Ils en tuent 4 sur le coup et le dernier, blessé, lance une grenade de phosphore dans leur direction. C’est ainsi que Léo Major perdit l’usage de son œil gauche.

Soigné, le médecin lui annonce : « Mon ami, la guerre est terminée pour vous« .
Ce à quoi il répond : « C’est impossible monsieur, je suis tireur d’élite dans ma section, ils ne peuvent fonctionner sans moi, je dois y retourner !« .

C’est alors qu’il y retourna, habillé d’un cache œil de pirate. Peu de temps après il détruisit un char d’assaut Panzer dans un petit village et tua tous les SS qui embusquaient une escouade alliée. Jusque là, juste un homme courageux n’ayant pas froid aux yeux. Mais attendez la suite.

Dans la nuit du 30 au 31 octobre, lors de la bataille de l’Escaut (dans le sud de la Hollande), Léo Major capture 93 soldats allemands à lui seul ! Il est envoyé de nuit, seul, en reconnaissance pour retrouver 50 soldats disparus. C’est alors qu’il aperçoit deux soldats allemands sur une digue. Le temps est froid et pluvieux et Léo se dit « je suis gelé et mouillé à cause d’eux, vous allez payer« . Il capture l’un, tue l’autre et saisit le reste de l’unité grâce à l’otage.

Mais notre héros n’est pas satisfait. Il veut capturer le commandant de l’unité. Pour cela, il tue trois autres soldats allemands et, enfin, la garnison complète se rend ! Il ramène les prisonniers en essuyant de nombreux tirs. Résultat : il revient au camp avec près d’une centaine de prisonniers. Pour cet acte de bravoure incroyable il est nommé pour recevoir la médaille de conduite distinguée, médaille qu’il refuse estimant le Général devant lui remettre la décoration d’incompétent. Rien que ça !

Chapitre II : Léo l’Incassable

Léo Major

Le 27 février 1945, en Allemagne, Léo Major aide un aumônier à récupérer des corps. Une fois terminé, l’aumônier s’assoit à côté du conducteur et Major prend place à l’arrière. Quelques minutes plus tard, le véhicule roule sur une mine antichar. Le conducteur et l’aumônier meurent sur le coup. Léo, lui, est projeté en l’air, avant d’atterrir durement sur le bas du dos, qu’il se brise en 3 endroits. Récupéré et amené vers un hôpital de campagne, on lui annonce de nouveau que la guerre est finie pour lui et qu’il sera rapatrié vers l’Angleterre. Mais Major l’entend autrement et s’enfuit une semaine après malgré son dos en morceaux, ses entorses aux deux chevilles et ses quatre côtes cassées. Il réussit à se faire amener auprès d’une famille Hollandaise qu’il avait autrefois rencontré. Il y séjourne un mois avant de rejoindre son unité le 29 mars 1945.

Chapitre III : Seul contre tous

Ferme où Léo Major a fait une halte

 

13 avril 1945 : La ville de Zwolle (50 000 habitants) aux Pays-Bas fait l’objet d’une forte résistance des troupes allemandes. 50 soldats canadiens y perdent la vie chaque jour depuis des mois. Il est grand temps d’agir, alors le commandant demande à deux volontaires de partir en éclaireurs, analyser la position de l’ennemi et leur force. Vous l’aurez deviné, c’est Léo Major et son meilleur ami Wilfrid qui s’y collent ! Ils partent à la tombée de la nuit et, rapidement, son meilleur ami tombera sous les balles de l’ennemi. Furieux Léo tuent quelques allemands et décide de finir la mission seul.

Il entre dans la ville de Zwolle durant la nuit et se met à attaquer les patrouilles et à courir dans les rues en mitraillant et lançant des grenades dans les maisons vides pour feindre une invasion canadienne. Une bonne dizaine de fois il surprend des groupes de 8 à 10 soldats allemands qu’il capture, dirige hors de la ville et remet aux troupes canadiennes avant de retourner à sa mission. Quatre fois dans la nuit, il est forcé de se reposer dans des maisons vides pour faire le point. Il tombera aussi  sur le quartier général des SS auxquels il livrera un combat acharné, avec 8 officiers supérieurs, mortel pour quatre d’entre eux, les autres prenant la fuite. Il met feu au QG de la Gestapo.

Au petit matin, il se rend compte que les dernières troupes allemandes ont quitté la ville et que la ville de Zwolle est libérée. Il fait passer l’annonce à la radio par une professeur d’anglais qu’il rencontre, récupère le corps de son ami et retourne à son camp annoncer la nouvelle. Ébahis, ses supérieurs le décor de la médaille de conduite distinguée.

Chapitre IV : La colline imprenable

Colline 355, Corée

Guerre de Corée, été 1951 : On demande à Léo de bien vouloir s’enrôler dans cette guerre pour montrer l’exemple et inciter les soldats à le suivre. En Corée, les Américains avaient perdu une colline importante et stratégique lors d’une attaque. Une unité avait tenté, sans succès, de la récupérer. Le lieutenant-colonel demande à Léo s’il peut faire quelque chose. Désirant carte blanche et le choix de ses hommes il accepte la dure tâche à condition que chacun d’entre eux ait une bouteille de rhum et 8 jours de permission. Le supérieur accepte et Major part à la tombée de la nuit avec 18 hommes qu’il avait lui-même entraîné.

Arrivés en terrain hostile, Léo Major et son équipe prennent rapidement et facilement cette fameuse colline. les Chinois lancent alors deux de leurs divisions, soit environ 14 000 hommes, en contre-attaque mais sans succès. Léo fait preuve de courage et de détermination en donnant l’exemple et permet à ses soldats de résister et de repousser 7 vagues d’attaque chinoise venant de 4 directions pendant 3 jours. Durant le combat un canadien fut blessé et Major le descendit de la colline sur ses épaules (n’oublions pas qu’il avait le dos brisé). Pour résumé ceci en une phrase, une vingtaine d’hommes ont repoussé des dizaines de milliers d’assaillants, ce que la 3ème division américaine, forte d’environ 10 000 hommes, n’a pas réussi à faire. Léo Major fut à nouveau récompensé.

Il meurt en 2008, à l’âge de 87 ans. Un héros de l’ombre dont il est parfois bon de rappeler les prouesses. Nous sommes tous égaux mais pas tous fait pareils. Sa bravoure est à ce jour sans égal. Respect Monsieur Major.

On peut alors se demander pourquoi, à ce jour, aucun film n’a été réalisé sur cette folle histoire ? La réponse émane d’un membre de sa famille qui affirme que le projet est actuellement en cours ! Très bien, alors patientons.

Comments

About Marc

Mon imagination ne se fait pas non plus d'illusions !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *